La représentation de la folie en peinture – épisode II – Garçon et fille au chat (Allégorie de la folie), Judith Leyster / The Representation of Madness in Painting – Episode II – A Boy and a Girl with a Cat and an Eel, Judith Leyster.

* article disponible en français et en anglais
* article available in French and English

Pourquoi ce choix ?

Certes, Judith Leyster n’est pas l’artiste la plus connue ou la plus représentative du XVIIe siècle, mais son allégorie est extrêmement parlante quant à l’oscillation du début de l’âge classique sur le statut à tenir sur la folie. De plus, sur les différentes oeuvres présentées, toutes sont exécutées par des hommes. Les femmes ayant tout autant la capacité de tenir un pinceau & de faire des trucs pas dégueus avec, c’est donc un minimum syndical que de leur rendre justice.

Rappel biographique & esthétique :

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Entre nous, c’était quand même pas fameux cette mode de la collerette.

Judith Leyster (1609 – 1660) est une peintre hollandaise relativement célèbre de son vivant. Elève de Grebber & possiblement de Franz Hals, elle est proche de l’école caravageste. Elle s’inscrit dans le Siècle d’or néerlandais (1584-1702) & appartient à la Guilde de Saint Luc de Haarlem, dont elle est aussi le premier membre féminin. Elle se marie au peintre baroque Moleaner, ce qui explique que l’on confonde parfois leurs oeuvres.

Judith se spécialise dans les scènes de genre, de la vie quotidienne, mais aussi les portraits et les autoportrait. Oubliée après sa mort, elle est redécouverte presque par hasard à la fin du XIXe siècle par l’historien de l’art & collectionneur néerlandais Cornelis de Groot.

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L’oeuvre : Kinderen met een kat en aal, huile sur toile, 59×49 cm, environ 1635, National Gallery, Londres.

Le style est nettement caravagiste : le clair-obscur, la tonalité naturaliste, un réalisme non-complaisant, des personnages coupés à mi-corps, dans un souci de grandeur nature, un fond neutre & sombre, permettant de se focaliser sur les persos, créant de facto une ambiance dramatique (c’est-à-dire ni apaisante ni plaisante).

Première interprétation :

Voilà deux enfants tenant un chat, l’air amusé. Ils ne prennent pas la pause et portent des vêtements traditionnels, sans luxe aucun, aux couleurs ternes ; la main gauche du garçon paraît abîmée. Cependant, ils ne semblent ni faméliques, ni physiquement diminués. Ces enfants peuvent possiblement venir d’une classe sociale de petits commerçants ou d’artisans.

La présence du chat comme animal domestique ou de compagnie, suppose un minimum de moyens financiers pour le nourrir (un mendiant ou un miséreux ne s’encombreraient pas d’une bouche en plus à nourrir peuchère). La petite fille lui tient / tire la queue tandis que le jeune garçon le garde dans ses bras.

Le chat, animal joueur, et la jeunesse manifeste des protagonistes suggère une scène de divertissement, qui exprime une certaine innocence, l’enfance étant le temps des jeux. Le regard ailleurs pourrait laisser entendre que ces enfants sont tout entiers pris à leur occupation, à leurs pensées. Le fait qu’ils ne prennent pas la pause rappelle la liberté inhérente à leur condition, l’enfant étant celui qui n’a pas encore l’esprit formaté. Le fait que le jeune garçon lève les yeux en direction du ciel, donc de Dieu, renforce ce caractère d’innocence & de pureté.

Une scène classique de portrait donc ?

Deuxième interprétation :

Force est de constater que de nombreux détails dérangent. Déjà, la jeunesse de ces enfants a quelque chose de fané : pas de visages poupins (on aurait pu s’attendre à de petits chérubins roses & dodus), pas de jouets, de couleurs. La petite fille fait plutôt penser à une petite vieille. Pour parler franchement, ces gamins ne sont pas jojos pour un peso. De plus, ils paraissent littéralement ailleurs. Aucun ne regarde le spectateur, et leur regard porte sur des éléments qui ne nous apparaissent pas & donc nous demeurent incompréhensibles. En outre, leur gestuelle est franchement bizarre : les sourires s’apparentent à des rictus ; le garçon brandit une anguille (ndlr : d’où titre de l’oeuvre dans la traduction anglaise), objet inhabituel dans la main d’un enfant, mais peut être est-ce pour attirer le chat ? En vérité, ils n’ont pas l’air insouciants mais absents. Et par dessus tout, c’est l’index pointé sur la tête de la petite fille qui alarme le spectateur & suggère l’a-normalité de ces enfants (évidemment pas dans un sens péjoratif mais dans le sens en dehors des normes). En effet, à nous spectateur du XXIe siècle, cela rappelle l’expression enfantine “être toc-toc”, mais même si le terme n’existe pas avant le XXe, le geste demeure lui indubitablement intemporel. Cet index, au centre du tableau, interpelle le spectateur car il focalise sur la thématique véritable de cette oeuvre : la folie.

Un autre indice serait la présence des dents écartées, ou encore dites du bonheur. Aristote & Pline, décidément touche-à-tout, estimaient qu’il était possibles de lire l’avenir d’une personne dans ses dents, en fonction de la taille, de l’implantation, du nombre etc.. Bien plus tard, Charles Le Brun continue cette tradition dans son Traité des passions, en y ajoutant les expressions du visage et de la bouche comme révélateurs des émotions. De plus, les dents auraient une dimension divine, plus précisément astrale ; ainsi, les dents du bonheur sont associées à la chance & attribuées à l’influence de Jupiter. Et malepeste quelle coïncidence ! Dans Histoire de la folie à l’âge classique, Foucault souligne que les mélancoliques ont pour dieu Jupiter.

Mais toi, ô lecteur astucieux, tu auras également noté d’autres éléments troublants.
Le chat est bien évidemment l’animal ésotérique par excellence. Il est le compagnon des sorcières durant les sabbats, et l’une des apparences du Diable sur Terre. En égyptologie, il incarne la déesse à double visage avec son pendant bénéfique (Bastet) & maléfique (Sekhmet). Sa présence en ce tableau comme figure centrale de premier plan est inhabituelle, et donc révélatrice, car le chat n’est pas un élément courant dans la peinture européenne. Ce phénomène se développe seulement à partir du XVIIIe siècle, par exemple chez le peintre Jean Chardin. Enfin, l’anguille constitue un gros WTF dans ce tableau. Figure aquatique, elle possède une connotation plutôt négative car elle est synonyme de dissimulation. Elle rappelle le serpent, grand classique de l’animal maléfique. Petite, translucide, insignifiante voire morte dans cette oeuvre, l’anguille suggère un potentiel d’ethos des enfants, et une incompatibilité avec le milieu ; l’anguille à l’air libre est condamnée à mourir, de même que ces deux enfants fous sont des morts sociaux.

Troisième interprétation :

D’accord Hector, une allégorie de la Folie. Mais cet index, il peut aussi bien désigner la tête que suggérer la manifestation d’une idée.
L’oeuvre s’inscrirait donc dans une opposition humanité / animalité : l’h est l’être fou, tandis que l’animal apparaît comme le seul être doté de raison, fixant le spectateur. L’animal a vu jadis son identité révélée par un homme, le fameux nudiste croqueur de pommes Adam ; mais avec la figure du fou, c’est l’homme qui devient animalisé & c’est l’animal q lui révèle son identité, rappelant par là la tradition du grylle.
On a dit que le Chat est un animal appartenant à un monde occulte, un Autre Côté. Donc, la Folie peut évoquer la face cachée en tout homme (big up Erasme), mais également un accès à un savoir interdit ; n’oublions pas que les chats sont réputés voir des choses que les mortels ne peuvent pas. D’autre part, le fait d’avoir choisi de représenter un duo est inhabituel ; pour exprimer la folie on pense au portrait – telle la série des Monomanes, disponible dans l’épisode IV de cette passionnante série si si – ou à un groupe d’aliénés (La Nef des Fous, épisode I maggle). Peut-être qu’ici le duo exprime le caractère universel de la déraison, présente autant chez les hommes que chez les femmes.

Par-dessus tout, cette oeuvre met en évidence l’oscillation du XVIIe siècle quant à son regard sur la folie ; on perçoit aisément l’hésitation entre sa dimension tragique & critique. Le garçon, yeux au ciel, renvoie à la tradition antique divine (la Furor, le simple d’esprit aimé de Jésus, l’homme frappé par la grâce etc.), un état donc extérieur, un peu comme la lèpre au Moyen Âge. Il s’oppose en cela à la petite fille qui regarde à un niveau terrestre & dont l’index désigne la tête, définissant donc la folie comme une pathologie, une maladie mentale, un mal intérieur. La dualité est continuée sur le plan technique par une palette chromatique clair-obscur, faisant écho au couple classique Bien-Mal.

L’attitude des enfants est en effet des plus ambiguë : tenir le chat dans ses bras est certes un geste affectueux, et l’anguille serait alors une attention pour le nourrir, mais ainsi tenue en l’air, tout ceci nous paraît fort relever du piège. De plus, la petite mochetronne lui tire la queue, est-ce pour taquiner le minou ou le maltraiter ? Les griffes sorties du chat, synonymes de peur ou de colère, semblent conforter cette seconde hypothèse. Ainsi, le fou est un être moralement inclassable car son instabilité empêche de savoir s’il va commettre le bien ou le mal ; lui-même peuchère ne le sait pas & ne sait pas / ne comprend cette norme sociétale ; s’il l’en a, ce sont les siennes propres. La National Gallery de Londres a uniquement retenu la dimension morale en la résumant par le diction suivant : “qui sème le vent récolte la tempête”. C’est donc un arrêt sur image ; le jeune garçon va probablement se faire griffer par le chat maltraité, du fait de son inconscience & son irresponsabilité, deux traits manquants caractéristiques du fou. Le tableau contient donc déjà l’idée du châtiment.
Le regard perdu évoque l’“âme nacelle” ; le fou est celui qui est décroché du monde. Au XVIIIe siècle, le médecin allemand Heinroth définit la folie comme la manifestation en l’homme d’un élément obscur, chaotique & aquatique – revoilà le motif de l’eau, présent avec le grouillement de l’anguille – qui s’oppose à la stabilité lumineuse & adulte de l’esprit.
La gradation même dans l’interprétation du tableau – 1er niveau = portrait puis 2e niveau = allégorie -, renforce cette dichotomie entre le fou ”tromperie de la tromperie” mais aussi porteur de vérité.
Enfin, notons le lien entre dérision et folie à travers le motif du rictus, mimique présente chez les deux petits affreux. La représentation de la folie, déjà installée dans leur jeune existence, souligne le fatum ironique de la vie. Judith Leyster se veut ici didactique : son oeuvre n’est-elle pas un moyen d’enseigner au spectateur que la vraie folie est de nier sa contingence & qu’il n’est rien de plus  qu’un futur mort ?

 

The Representation of Madness in Painting – Episode II – A Boy and a Girl with a Cat and an Eel, Judith Leyster.

 

Why this choice ?

Obviously, Judith Leyster is not the most famous artist or the most representative of her century, but her allegory is very meaningful about the oscillation upon madness status in the beginning of the classical era. Besides, this series presents exclusively paintings by male artists. Women are equally able to hold a brush and to do amazing things with it, so it’s the strict minimum to bring to light a talented one.

Biographical and aesthetic recall :

Judith Leyster (1609-1660) is a Dutch painter, quite famous during her lifetime. Grebber’s disciple and possibly of Franz Hals too, she is close to the Caravaggist school. She is part of the Dutch Golden Age (1584-1702) and belongs to the Saint Luc of Haarlem Guild (first female member !). She got married with baroque painter Moleaner, which explains the possible confusion of identification of their works.

Judith is a specialist of genre art, the everyday life, but she’s also great with portraits and self-portraits. Forgotten after her death, she is rediscovered by chance at the end of the XIXth century by the art historian and Dutch collector Cornelis de Groot.

The painting : Kinderen met een kat en aal, oil on panel, 59×49 cm, about 1635, National Gallery, London.

The style is obviously caravagesque : chiaroscuro, naturalistic tone, non-indulgent realism, protagonists with cut bodies for the sake of full-scale, neutral and dark background which allows to focus on characters, de facto creating a dramatic atmosphere (that is to say, not calming nor pleasing).

First reading :

Here are two smiling kids holding a cat. They don’t take the pause and wear traditional outfits, very simple, with dull colors. The left hand of the boy seems damages. Nevertheless, they don’t look half-starved, or physically diminished. These children may come from a social class of small merchants or artisans.

The presence of the cat as a domestic animal underlines a minimum of financial means for feeding him (a beggar or a poor couldn’t afford it). The little girl pulls his tail while the boy keeps it in his arms.

The cat, player animal, and the youth of the protagonists suggest an entertaining scene, which expresses a certain innocence (childhood = time of games). The distracted eye implies that these kids are totally captivated by their activity and their thoughts. The fact they didn’t take the pause like models recall their freedom inherent in their condition, because a child is the one who doesn’t have yet a formatted mind. Also, the fact that the boy raise his eyes to heaven, so towards God, reinforces this aspect of innocence and purity.

So, a classical scene of portrait ?

Second reading :

It must be noted that numerous details disturb. The youth of these kids is kind of faded : no fresh faces (while many kids in classical painting look like pink and plump cherubs), no toys, no colors. The little girl makes us think about a little old lady. Frankly, these kids are not cute at all. Moreover, they seem to be literally outside. No one looks at the public, their eye see some elements we can’t perceive and so stay incomprehensible for us. Furthermore, their gesture is fucking weird : their smiles are smirks ; the boy wave a eel, a very unusual object in the hand of a child, but maybe it is for attracting the cat. In truth, they don’t look carefree but absent. Above all, the index pointed at the head of the girl alarms the spectator and suggests the a-normality of these children – obviously not in a pejorative sense, here that is to say out of the norms). Indeed, for us public of the XXIst century, this reminds us of the French expression « être toc-toc » *, but even if this term doesn’t exist until the XXth century, the gesture stays undoubtedly timeless. This index, in the center of the painting, calls out the public because it focuses on the real theme of this work : madness.

Another clue would be the presence of the gap between the teeth (diastema or lucky teeth). Aristotle and Pliny, with their unlimited curiosity, supposed that it was possible to read future of someone in his teeth (thanks to the size, the implantation, the number etc.). Much later, the painter Charles Le Brun follows this tradition with his essay Traité des Passions (Essay on Passions), adding facial expressions and mouth as revealing feelings. Besides, teeth would have a divine dimension, especially astral : teeth would be associated with fortune, thanks to the influence of Jupiter. And Sacrebleu, what a coincidence ! In Madness and Civilization, Michel Foucault underlines that Jupiter is the god of melancholic people.

But you, ingenious reader, you would have noticed another disconcerting elements.

The cat is the prime example of the esoteric animal. He is the companion of witches during sabbats, and one of Devil’s disguises on Earth. In egyptology, he incarnates the double face goddess Bastet (the cool one) / Sekhmet (the badass one). Its presence as a main figure on the foreground is unusual, and so indicative, because the cat is not a common element in European painting. This phenomenon is developed only in the XVIIIth century, for example with French painter Jean Chardin. Finally, the eel is a real WTF in the painting. Aquatic figure, it presents a negative dimension, because it is synonymous with dissimulation. It reminds us of the snake, big classic of the malefic animal. Small, translucent, insignificant, even dead in the hand of the boy, the eel suggests a potential of Ethos for the two children, and an incompatibility with the environment ; the eel outside water is condemned to die, as these two mad kids are socially dead.

Third reading :

Ok, so an allegory of Madness. But this index could indicate the head as the manifestation of an idea.

This artwork would be inscribed in an opposition between mankind / animality : man is the mad one, while the animal appears as the only being with reason, staring at the public. Long time ago, the animal has seen his name revealed by the famous nudist and apple eater, Adam ; but with the figure of the madman, man because the animalized one, and the animal reveals him his identity, recalling in that way the tradition of the grylle (cf previous episode). We said that the Cat is the animal belonging to the hidden world, an Other Side. So, madness may evoke the hidden face in every man (big up Erasmus), but also give an access to a forbidden knowledge ; don’t forget that cats are known for perceiving things mortals can’t. On the other hand, the choice of representing a duo is uncommon ; for expressing madness, a single portrait would be more relevant – like the serie of Les Monomanes, available in the episode IV of this amazing series – or a group study – The Ship of Fools -. Maybe the duo here expresses the universal dimension of folly, equally present in men and women.

Above all, this work brings to light the oscillating consideration about madness in the XVIIth century. We can easily observe the hesitation between the tragical and the critical dimension. The boy, looking up, refers the antic divine tradition (Furor, the simple-minded loved by Jesus, the man hit by the grace etc.), so an outside state, such as leprosy in the Middle Age. He is opposed with the little girl who looks at a terrestrial level and whose index indicates the head, so defining madness as a pathology, a mental illness, an interior badness. The duality is followed on a technical plan thanks to a chiaroscuro chromatic palette, echoing the classical couple Good / Evil.

The attitude of these children is very ambiguous : the cat in his arms could be a loving gesture, and eel would be an nice attention for feeding it, but hold in the air, that looks like a trap. Besides, the small ugly pulls his tail, is it for teasing or abusing it ? The cat’s scratches, here because of fear or anger, suggest the second option. So, the madman would be a morally uncategorized being, because his instability prevents to know if he is going to do something good or bad ; even himself doesn’t know, and doesn’t know / doesn’t understand this societal norms ; if he has some, they are his. The National Gallery of London only consider the moral dimension, by summarizing through the following old saying « He who plays with cats gets scratched ». It is so a freeze frame ; the young boy is going to be scratched by the abused cat, because of his unconsciousness and irresponsibility, two striking features of the madman. The painting already contains the idea of punishment.

The lost eye raises the « âme nacelle » ** ; the madman is the one unhooked from the world. In the XVIIIth century, the German doctor Heinroth defines madness as the manifestation of a dark, chaotic and aquatic element in man – here comes again the motif of water, present with the swarm of the eel – opposed to the bright and adult stability of the mind. The progressive interpretation of the painting – first level : portrait the second level : allegory – insists upon the dichotomy of the madman  « deception of the deception » but also holder of truth.

Finally, we should notice the link between derision and madness through the motif of smirk, present in both children. The representation of madness, already settled in their young existence, underlines the ironical fatum of life. Judith Leyster wants here to be didactic : her work is an attempt at teaching the spectator that true madness is denying his own contingency and refusing to accept he’s nothing more than a future dead person.

* “être toc-toc” : being mad (the index knocking twice on the head while saying that).
** “âme nacelle” : expression of the philosopher Michel Foucault, literally soul-cradle.
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