Ne nous Trumpons pas de cible ! / Trump down for what !

* article disponible en français et en anglais
* article available in French and English

Doit-on évoquer l’actuel tourbillon de navrance médiatique visant à porter Saint Barack aux nues d’une démocratie humaniste et chevaleresque, tandis que le monde continue à se désoler de l’arrivée surprise et démoniaque du méchant Donald ?
(Est-ce qu’on parle aussi de mon titre et on en profite pour lancer une alerte enlèvement « allô le respect a disparu » ?)

Barack, ce salaud magnifique.

D’accord, il a un sourire charmeur et il joue au basket, et certes, Michelle fait se trémousser les petits dodus sur Single Ladies. Il a même été aperçu moult posts journalistiquement audacieux dans le style « un homme fidèle à sa femme, un monsieur élégant, merci Obama gnagnagna ». Bon déjà, depuis quand des détails relevant strictement de la sphère privée, parfaitement subjectifs et superflus définissent l’efficacité et la pertinence d’une politique ? En résumé, portez beau, on vous passera tout. À titre de comparaison, rappelons que Chirac aussi avait sa swagance naturelle, et que Bernie récoltait les pièces jaunes pour les enfants malades, ce qui n’a pas empêché monsieur de vendre des armes à de riches fumiers, financer frauduleusement le RPR, créer ses emplois fictifs pépouze à la mairie de Paris, et vivre à nos frais en dépit de ses condamnations.

Attention, de la lucidité messieurs-dames, la feuille en bois de pipeau ne saurait cacher l’arbre à cacas. Deux mandats successifs n’auront pas suffi au prix Nobel de la Paix à fermer Guantanamo et à stopper la guerre en Afghanistan, pourtant promesses de campagne ; au contraire, Obama participe au désastre lybien et a la main lourde sur les assassinats de suspects dits « terroristes » par drones. L’Obamacare n’a pas fait plier les systèmes d’assurance, la NSA continue de vérifier la couleur des slips de toute la planète, tandis que la chasse aux lanceurs d’alerte va bon train (Edward Snowden approuve ces lignes). Enfin, ses origines afro-américaines ne l’ont absolument pas sensibilisé au sort des migrants mexicains et sud-américains : le gouffre humain et financier du mur de la honte subsiste, et les milices de surveillance et les trafics en tout genre dans la zone sont toujours présents : mais pour limiter l’afflux, le brave homme n’a rien trouvé de mieux que de multiplier les expulsions et de perpétuer la charmante pratique de garder les enfants nés sur le territoire américain (et de déporter leurs parents dits illégaux).

Donald n’a pas surgi sur scène tel un pet ex-nihilo.

Loin de moi l’idée de prendre sa défense, mais l’absence de mandat ne fait pas de Trump un puceau de la politique. Engagé depuis les années 80, il a même été un temps vice-présidentiable du pays avec papa Bush (souvenez-vous, la campagne américaine, ça marche par deux).
Ensuite, Trump est une icône culturelle, de mauvais goût certes, mais incontournable, plébiscitée sinon acceptée par la majorité de la population, et ce depuis des années. Son personnage d’homme d’affaires agressif et implacable, son discours décomplexé sur l’argent, ses punchlines de grand méchant loup ultra libéral ( le fameux « You’re fired ! » dans son émission The Apprentice), bref tout ce qui a toujours défini l’actuel Trump, n’a pas varié d’un iota. En 1987, son autobiographie / méthode vulgarisante pour s’enrichir Trump : the Art of the Deal a été un succès de librairie immense, vendu à plus d’un million d’exemplaires. Il est donc un peu tard pour jouer la vierge effarouchée quand tout le système médiatique et de production du spectacle a payé, fêté et établi à long-terme le personnage dans la culture populaire, de l’étoile au Walk of Fame jusqu’aux blockbusters et spectacles à succès exportés à l’étranger (Maman j’ai raté l’avion, Le Prince de Bel-Air, les matchs de la WWE …).
Société du spectacle, pour reprendre le concept de Debord, Les États-Unis sont parfaitement incapables de ne pas mêler politique, show et business ; Trump en est l’illustration la plus accomplie, mais la mise en scène des Obama dans les évènements mondains (du dîner caritatif aux featurings avec des présenteurs vedettes), évidemment moins bourrine mais tout aussi artificielle, met en évidence cette porosité malsaine, mais efficace en terme de conditionnement.

Démocrates et Républicains, bonnet sale et sale bonnet.

On l’a dit, Trump est un vieux renard de la chose publique.
Mais saviez-vous qu’il a fait ses premiers pas chez les Démocrates (lololololol), puis au Parti de la réforme des États-Unis d’Amérique, et enfin les Républicains, n’hésitant pas à retourner sa veste plusieurs fois, tantôt au râtelier de l’un, tantôt dans la gamelle de l’autre ? Bien entendu, sans qu’aucun des partis en question n’y trouve rien à redire. Des valeurs fortes on vous dit.
NB : Hillary Clinton a également commencé sa carrière politique chez les Républicains.
Détail rigolo : Trump voulait se présenter aux élections républicaines de 1988 avec la célèbre animatrice Oprah Winfrey comme ticket ; la même Oprah, qui a soutenu en 2006… Barack Obama, lequel en remerciement, avait modestement voulu lui offrir un siège au Sénat.
Mieux encore, Donald Trump a soutenu Hillary Clinton aux élections démocrates de 2008. Un peu comme si Marine Le Pen avait financé François Hollande, que le groupe Lagardère avait successivement apporté son soutien aux deux, et que tout le monde trouve ça très bien et très sain.
Enfin, les casseroles : nous avons rappelé le bilan désastreux d’Obama, mais il serait bon d’évoquer le bordel fiscal trumpien (impôts non payés, empire financier qui interfèreforcément dans les affaires de l’État) et son potentiel dsksien qui ne demande qu’à se révéler ; enfin, Hillary Clinton n’est pas en reste, jouant à la Balkany avec Billl’affaire des emails et la très douteuse fondation Clinton Global Initiative. Il n’y a pas que chez nous que le choix pseudo-démocratique se résume à la peste ou au choléra.

Bref, l’America first (et d’ailleurs, pas “American people first”, ce qui veut tout dire) et toutes les petites & grandes combines tordues qui vont avec, n’ont jamais été l’apanage du seul Trump, mais l’essence même de la politique américaine tous bords confondus depuis la barbe à Georgie.Un loup habilement déguisé en agneau charmeur, un loup se revendiquant outrageusement loup ; vous aurez beau cacher votre petite vérole avec le meilleur fond de teint possible, ou au contraire l’exhiber à la face du monde dans l’espoir qu’elle sèche plus vite, ça restera de la schkoumougne. Parole de cagole.

 

 

Trump down for what !

Should we discuss the actual – and pathetic – media vortex, with Santa Obama as the white knight of a humanistic democracy, while the world persists to be sorry by the unexpected and demonic arrival of nasty Donald ?
(If you didn’t get the musical reference of the title, here the explanation.)

Barack, this magnificent bastard.

Sure, he has a lovely smile and plays basket ball, and ok, Michelle makes little plumpies move on Single Ladies. Amazing journalistic reports have to be emphasized, such as ‘a faithful man with his wife, what an elegant fellow, thanks you mister Obama blablabla’. So, since where subjective and superfluous details strictly belonging to the private sphere, define the efficiency and the relevance of a policy ? In brief, be cool and you’ll do whatever you want. As a comparison with France, our old president Jacques Chirac was very swaggytoo, and his wife Bernie used to collect thousand of coins for sick children ; however, it didn’t prevent him from selling weapons to bloody assholes, fraudulently financing his own party (RPR, now LR, the actual right), creating fictitious jobs when he was the mayor of Paris, and still living as a king thanks to our taxes, and in spite of his condemnations by French Court of Justice. And he’s the most popular personality in the country (WTF WITH YOU IDIOTS).

Be careful ladies and gentlemen, the lying leaf can’t hide the poo’s tree. Two successive mandates weren’t enough for the Nobel Peace Prize to close Guantanamo and to stop war in Afghanistan, though they were campaign promises. On the contrary, Obama participates in the Libyan disaster and has a quite heavy hand about terrorism’s suspects murders by drones. Obamacare didn’t bring insurance companies to its knees, NSA is still checking the color of your pants all over the world, while whistleblower hunt is going well (Edward Snowden approves these lines).
Also, his Afro-American origins didn’t educate him at all about the faith of Mexican and Latinos migrants : the human and financial hole of the Wall of Shame is still here, and monitoring militias and numerous smugglings have a great activity in the zone : nevertheless, for restricting entrances, this good man multiplied expulsions and perpetuates the charming practice of keeping children born in USA territory (while their ‘illegal’ parents are deported across the frontier).

Donald didn’t jump on the scene as an ex-nihilo fart.

I’m not taking his defense, but the absence of mandate doesn’t make Trump be a virgin in politics. Involved since the 1980’s, he was during a time a possible vice-president for Daddy Bush.

Then, Trump is a cultural icon, of bad taste for sure, but inescapable, approved or if not accepted by a majority of the population, and since many years. His character of an agressive and merciless businessman, his without complexes speech about money, his big bad capitalist wolf punchlines (the famous ‘You’re fired !’ in his show The Apprentice), in other words what has always defined Trump has not changed at all. In 1987, his autobiography / popular method for getting money Trump : the Art of the Deal, was a bestseller, with more than one million books sold. So this is not the moment for playing the frightened deer when all the media system and the show production have payed, celebrated and established him in the long rum among the popular culture, from his starin the Walk of Fame to the blockbusters and famous shows, broadcast in USA and all over the world (Home Alone, The Fresh Prince of Bel-Air, Word Wrestling Entertainment …).

Society of spectacle, as defined by philosopher Guy Debord, United States are perfectly unable to separate politics, show and business ; Trump is the most accomplished illustration, but the Obama’s staging in in social events (from the benefit dinner to some featuring with television hosts), of course less brutal but equally artificial, highlights this insane porosity, though efficient for conditioning.

Democrats and Republicans, two sides of a same dirty coin.

We told you, Trump is a old fox of res publica.
But did you know he started with the Democrats (lmfao)n then with the Reform Party of the United States of America, and finally with the Republicans, with no ethical hesitation of going from one to another several times ? Of course, none of these parties ever criticized this versatility. Strong values, no doubt.
NB : Hillary Clinton began in politics with the Republican party.

Funny detail : in 1988, Trump wanted to run the elections with famous talk show host Oprah Winfrey as her ticket ; the very same Oprah supported in 2006 … Barack Obama, who, in appreciation of her role, wanted to give her with simplicity seat in the Senate.
Better than that, Donald Trump supported Hillary Clinton during the Democrats elections in 2008.
Finally, the cases (ndlr : in French, we use the noisy metaphor of  ‘the pans’) : we tried to show you the disastrous results of Obama, but it would be fair to evoke the Trump’s fiscal mess (unpaid taxes, financial empire which logically interferes with the presidential function), and his great pervert potential ; also, Hillary Clinton is quite a badass too, playing Bonnie and Clyde with Bill, the email controversy, the suspicious Clinton Global Initiative Foundation.

Thus, America first (and not ‘American people first’, which means everything), and all the small and big tricks coming with, have never been the prerogative of Trump, but the very essence of United States policy since George Washington’s beard. A wolf disguised as a charming lamb ; a wolf highly claiming himself a wolf ; you can hide your smallpox with the best foundation ever, or on the contrary showing it to the rest of the world, expecting it will disappear quickly, it is bloody smallpox anyway. Trust the painted fowl.
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3 thoughts on “Ne nous Trumpons pas de cible ! / Trump down for what !

  1. I enjoy the energy of the piece, but at the same time I’m not completely sold into the idea that Obama and Trump as together as you argue. Yes, they are both, in their own way, invested in the spectacle of politics, but the lesson here is not that this investment makes them two side of the same capitalist coin, but rather that politics in its current form is unavoidably spectacular, that is, that there is no other way of being a politician today. And this condition applies to leftist governments too: there is no such thing as pure “policy making” disentangled from the perverse fixation with details about the private lives of those at the top of the political sphere.

    And this might not be a terrible thing either: personal lives matter, and we know it. Perhaps we are fixated in useless, and even unhealthy ways with our politician’s private lives, but it is because we recognise that the way president’s treat their spouses is itself political, and thus significant for their policy-making abilities. The crowd isn’t always wrong, as the liberal left seems to snobbishly insist, we are right to be appalled by Trumps behaviour in comparison with Obama’s, there are ethical grounds for such distinction that cut across the political.

    Lats year, when I called you in panic about Trump’s election, you told me both Democrats and Republicans were essentially two faces of the same capitalist monster. At the time I found that thought quite reassuring, since it made his ascension to power somewhat more palatable, but reprising the argument, I fear even smaller differences in their personas can have a great impact down the road. And to quote game of thrones: a very small man can cast a very large shadow, a personal shadow.

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