Pour une extrĂȘme gauche sexy 💋

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Ouais, sexy.

Avant mĂȘme d’avoir Ă©crit quoi que ce soit, j’entends dĂ©jĂ  vos hurlements (mais aussi ceux de ma conscience). Keumeeeeent, mais qu’entends-tu par extrĂȘme gauche vieux cake rassis, ça ne veut rien dire, et puis sexy, ah non mais dĂ©cidĂ©ment on sexualise vraiment tout dans cette sociĂ©tĂ© occidentalo-mercantilo-dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, etc. Tranquille Émile, Ă©loignez ces torches du bĂ»cher et permettez-moi de dĂ©velopper plus avant.

Que vous le vouliez ou non, que vous considĂ©riez les stats et les mĂ©dias dominants d’une qualitĂ© Ă©gale Ă  la litiĂšre non-agglomĂ©rante de votre chat, le constat est lĂ  : l’extrĂȘme droite, les nĂ©o (ou vieillots) fachos, les chevaliers teutons, bref tout le Mordor que contient encore l’Europe, effectue depuis plusieurs annĂ©es maintenant un come-back successful façon Johnny, je pars me cacher, en fait non je reviens, attendez je fais une pause, hĂ© oui toujours debout, et rajoutez-moi un petit whisky vous serez bien urbain.

L’idĂ©e vous enchante ou vous dĂ©sespĂšre, mais cette nĂ©buleuse, du catho intĂ©griste dont le bermuda en tweed se froisse d’horreur Ă  la moindre mention de Michou, au vaillant milicien patriote qui s’en va courageusement mais furtivement ratonner (1), casser du gaucho (2) et des rĂ©fugiĂ©s (3) tout en menaçant allĂšgrement les LGBTQ (4), en passant par l’amateur pro-soralien de vidĂ©os complotistes racoleuses (5), tous bĂ©nĂ©ficient d’une tranquillitĂ© judiciaire (quoiqu’un peu secouĂ©e ces derniers temps chez ses dirigeants), de la rĂ©cupĂ©ration pĂ©pouze de leurs idĂ©es par les leaders actuels ou passĂ©s, de droite comme de gauche (6), et de la surmĂ©diatisation honteuse de ces derniĂšres, surexposant sans analyser ni critiquer en profondeur les actes.

L’extrĂȘme gauche constitue une appellation tout aussi fourre-tout, puisqu’on (les mĂ©dias, l’extrĂȘme droite, les gouvernants, les flics, ta mamie qui n’a pas tout suivi parce qu’elle s’est assoupie devant Motus) y colle les trotskistes, les communistes (7), les indignĂ©s, les zadistes, les dĂ©croissants, les antifascistes, les punks Ă  chien et les anars qui n’ont rien demandĂ©.

Éclectique, on peut cependant se mettre d’accord sur le fait que cette mouvance est appelĂ©e Ă  s’élever et Ă  mettre fin non seulement au modĂšle sociĂ©tal dominant (capitaliste) et aux graves injustices qu’il produit, mais Ă©galement Ă  pourfendre ses dĂ©rives (les fascismes).

Nota bene : Si vous souhaitez le rĂ©tablissement des Bourbons ou que vous pensez qu’un capitalisme Ă  visage humain est possible, libre Ă  vous de continuer votre lecture, mais sachez qu’ici on est plutĂŽt carrĂ©ment branchĂ© rĂ©volution / pas de prĂ©sident / voire pas d’État du tout les jours de pluie. L’idĂ©e n’est donc pas de discuter des valeurs ou des programmes Ă  l’extrĂȘme gauche, sinon d’Ă©tudier comment celle-ci pourrait faire adopter ces idĂ©es (ou du moins diffuser efficacement) au plus grand nombre.

Or, force est de constater que la notion de contre-poids ou mĂȘme de force rĂ©volutionnaire a perdu toute sa puissance, et son potentiel d’impact sur une grande partie de la population.

Tout le paradoxe tient en un exemple : en 1999, 45% des Français Ă©taient d’accord avec Arlette Laguiller (8) (et on part de loin : rappelons que Jacques Chirac a longtemps Ă©té la personnalitĂ© politique prĂ©fĂ©rĂ©e des Français alors mĂȘme qu’Arlette se dĂ©finit tout de mĂȘme comme communiste rĂ©volutionnaire !) ; Ă  ses derniĂšres Ă©lections, LO obtient pourtant Ă  peine plus de 5% des voix. Autre reprĂ©sentant emblĂ©matique, Olivier Besancenot est perçu favorablement par les sympathisants de gauche (avec MĂ©lenchon et Robert Hue, et pas Valls et Macron) et par la population en gĂ©nĂ©ral, mais il obtient environ 4% des voix en 2007, et a quittĂ© ses fonctions de porte-parole du NPA en 2011. Et ne parlons point de la chute libre des adhĂ©rents chez certains …

Pourtant, qui se tient systĂ©matiquement, et ce depuis des annĂ©es, aux cĂŽtĂ©s des travailleurs menacĂ©s de licenciements et de dĂ©localisation, participent aux grĂšves, fait griller les chipolatas pendant les occupations d’usine et relaient les revendications de la moindre lutte sociale ? Qui s’occupe des migrants ? Qui dĂ©nonce la corruption des oligarques, les inĂ©galitĂ©s sociales et Ă©conomiques ? Qui critique le sacro-saint principe de croissance, dĂ©sastre social et Ă©cologique certain ?

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(Merci Classical Art Memes)

En somme, quelle mouvance n’a aucun de ses reprĂ©sentants / figures connues prises la main dans le pot Ă  confiture (9), s’implique dans toutes les situations d’urgence et dĂ©montre au quotidien sans chichis qu’elle dĂ©fend ses principes ? En fait, qui incarne le bon sens et une honnĂȘtetĂ© tellement Ă©vidente qu’elle en passe inaperçue ? L’extrĂȘme gauche (gauche de la gauche, gauchistes, rouges, choisissez votre terme).

Pourtant, la sauce ne prend pas (et la calotte de vos morts si vous croyez que les choses vont changer parce que vous vous ĂȘtes inscrit(e) Ă  la newsletter de la France Insoumise). Marx affirmait que les syndicats et l’intĂ©gration dans la scĂšne politique n’étaient que des passerelles provisoires, le temps de dĂ©truire la machine Ă©tatique et de lancer la rĂ©volution. BientĂŽt 150 ans aprĂšs la Commune, il serait peut-ĂȘtre temps de s’interroger.

Alors d’accord, le discours anti-systĂšme se voit refuser la mĂ©diatisation et l’espace de parole dont disposent les grands partis (LR – PS – FN). D’accord, le monde politique est avant tout une vaste joute oratoire fumeuse entre privilĂ©giĂ©s, oĂč ceux qui y participent n’ont justement que ça Ă  faire, et on voit mal un Poutou, aprĂšs sa semaine de travail et ses manifs, aller les zlataner brillamment Ă  coup de Capital. Et oui, il y a trĂšs probablement parmi les abstentionnistes beaucoup d’anti-capitalistes, d’anti-fascistes et de déçu(e)s en gĂ©nĂ©ral qui refusent de participer au simulacre d’expression politique.

Mais il y a Ă©galement autre chose. L’extrĂȘme gauche est confuse.

Cela n’est jamais suffisamment rappelĂ© : l’extrĂȘme gauche se force Ă  participer Ă  la vie politique telle quelle, alors mĂȘme qu’elle ne souhaite que sa disparition. C’est en partie pour cela que les gens n’accrochent pas : affirmer la nĂ©cessitĂ© de la fin du mandat prĂ©sidentiel et de l’AssemblĂ©e, tout en se prĂ©sentant aux prĂ©sidentielles et aux Ă©lections lĂ©gislatives, voilĂ  de quoi perturber. Alors certes, c’est parce que c’est un peu les seuls moments oĂč les partis peuvent faire parler d’eux et de leur programme, et ce sur des mĂ©dias de grande Ă©coute. N’empĂȘche que la France croit toujours plus moins consciemment au mythe de l’homme providentiel (MĂ©lenchon en est un exemple flagrant), et qu’on ne peut pas l’ignorer. Et mĂȘme l’extrĂȘme gauche s’est dĂ©jĂ  laissĂ©e sĂ©duire par la figure de l’homme rĂ©volutionnaire (jadis les Communistes par Staline, LO toujours sous le charme de Trotsky, etc.). Le NPA lui-mĂȘme a failli tomber dans le piĂšge, comme le souligne la mise en avant durant un temps du sympathique facteur joufflu, avant de le regretter (10).

Deux solutions existent : soit refuser de continuer le jeu ; soit – sans jamais se dĂ©faire de ses principes initiaux Ă©videmment – proposer une forme de participation inĂ©dite : par exemple, faire ce que ne font pas les autres partis, prĂ©senter et mĂ©diatiser un vĂ©ritable cabinet fantĂŽme, en complĂ©ment du candidat / porte-parole (11). De toute maniĂšre, Ă  part trois militants LR-PS-FN aveuglĂ©s par le charisme de la cravate et des petits-fours, la grande majoritĂ© de la population ne croit pas en la politique, et vous non plus. Et puis, la fin de l’Ă©galitĂ© du temps de parole ne laissera dĂ©sormais plus d’autre option. Donc, autant tenter une approche carrĂ©ment diffĂ©rente ; le contenu est lĂ , il suffit maintenant de mettre la forme.

La rhĂ©torique façon Georges Marchais (travailleuses, travailleurs / camarades non mais c’est bon on se dĂ©tend) a certes un petit cĂŽtĂ© vintage qui Ă©meut, mais pour toucher un public plus large (ou un public tout court), souvent apolitique (ou dĂ©politisĂ©), le discours se doit d’intĂ©grer un vocabulaire plus en adĂ©quation avec la rĂ©alitĂ© Ă©conomique et sociale. Le rĂšgne de l’ouvrier touche Ă  sa fin, reconnaissons l’ùre du prĂ©caire, de l’intĂ©rimaire, du non-syndiquĂ©, qu’il soit urbain ou de campagne, de plus ou moins ici ou de carrĂ©ment d’ailleurs. Certains mots sont essentiels : l’extrĂȘme gauche doit bannir et surtout critiquer la notion d'”emploi” (interchangeable, prĂ©caire, abstrait, mĂ©canique…) et lui substituer le plus possible le terme de “mĂ©tier” (lequel suppose un apprentissage, une transmission, une action concrĂšte, inventive …). En outre, le discours Ă  gauche de la gauche se doit de revendiquer l’existence d’une classe moyenne sans cesse menacĂ©e, et qui ne demande qu’à ĂȘtre reconnue et protĂ©gĂ©e par un mouvement honnĂȘte qui connaĂźt ses rĂ©alitĂ©s (nĂ©cessitĂ© accrue par le constat que ladite classe moyenne constitue une proie idĂ©ale pour la dĂ©magogie d’extrĂȘme droite). Enfin, c’est aux porte-paroles de refuser les Ă©ternelles mĂȘmes fausses questions des mĂ©dias (et que pensez-vous du petit mot de machin ? et sinon Staline vous aimez ? parce que c’est bien moche ce qu’il a fait gnagnagna). Tenez-bon, insistez uniquement sur vos principes, vos programmes, et en cas d’aboiements, rappelez aimablement aux chiens de garde leurs casseroles. LĂ  encore, c’est une question de forme Ă  travailler.

Tout le systĂšme de diffusion est Ă  revoir ; sĂ©rieusement, avez-vous dĂ©jĂ  vu / lu le support papier de LO ? C’est illisible, et pas tellement instructif. On a l’impression d’ĂȘtre un darron devant le collier de nouilles de son rejeton ; votre malaise ne reflĂšte pas l’affection et le respect que vous avez pour lui, de mĂȘme que son oeuvre n’exprime ni son potentiel, ni la beautĂ© du geste. Le site du NPA tend Ă  s’amĂ©liorer, mĂȘme si certaines mises Ă  jour manquent. À l’exception de certaines pages alternatives et indĂ©pendantes (ici ou lĂ ), beaucoup de sites ou de production papier prĂ©sentent un contenu pour le moins confus, des fautes d’orthographe, des formules toutes-faites, des affirmations sans sources. Et ce n’est pas du snobisme ou une attaque artificielle. L’exigence rĂ©volutionnaire demande un investissement irrĂ©prochable et cela n’est pas nĂ©gociable. Bref, Ă  contribuer Ă  travailler dans le sens du poil sa sous voire non-mĂ©diatisation, les mouvements d’extrĂȘme gauche se tirent seul tout une balle dans la patte.

Une alternative Ă  l’absence d’appui (ou ne serait-ce que de reprĂ©sentation) de la part des grands mĂ©dias constituerait le soutien de reprĂ©sentants dits « intellectuels » ; cela n’est pas impossible. Nombre de maisons d’édition indĂ©pendantes et de qualitĂ© se font dĂ©jĂ  le relais des publications d’extrĂȘme gauche, ou anti-systĂšme. Par ailleurs, il est vrai qu’il n’existe pas d’union entre les partis sur certains grands principes (mĂȘme si la crĂ©ation du NPA Ă©tait une tentative en ce sens). Cela dit, sans demander Ă  chacun de se faire la bise et de s’offrir du muguet au 1er mai, une sorte de Mediapart de l’extrĂȘme gauche serait idĂ©al. Un site ou un organe mĂ©diatique Ă  la fois professionnel mais aussi participatif, dynamique et pluriel grĂące Ă  des entretiens et des documentaires, et ouvrant la porte Ă  une lutte internationale par le multilinguisme (Ă  ce titre well done RĂ©volution Permanente). L’exemple rĂ©cent de Merci patron !, qui a propulsĂ© le rĂ©dacteur en chef de Fakir sur la scĂšne des CĂ©sars, prouve qu’un travail rĂ©gulier et minutieux paye, et assure une large sympathie populaire ; donc, une ouverture pour Ă©voquer les problĂ©matiques Ă©conomiques et sociales loin des dogmes (voire en dĂ©battre si vous ne goĂ»tez pas au protectionnisme ruffiniste).

Enfin, il apparaĂźt essentiel de pacifier sinon prendre ses distances avec les mouvements anti-fa parfois adeptes des cailloux ; oui, la police est Ă  50% gagnĂ©e aux idĂ©es du FN, et c’est juste hyper rĂ©voltant (et dommage). Ok, les banques font des millions de profit, la publicitĂ© est partout, et on a envie de tout repeindre (le slogan philosophique passe encore, la façade dĂ©truite non). D’accord, et ce n’est pas nouveau, les manifs anti-systĂšme sont infiltrĂ©es par des flics en civil qui se font un plaisir de donner une mauvaise rĂ©putation au dĂ©filĂ©. Bien sĂ»r, ton copain basanĂ© s’est fait rĂ©tamer par des fa et tu irais bien leur rendre la pareille, parce qu’en outre tu sais qu’ils ne seront jamais condamnĂ©s par la justice.

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Des memes oui, des beignes non.

Cela dit, et c’est lĂ  le plus difficile, il faut respirer un bon coup sans s’étouffer avec son lassi bio, et refuser la moindre chose qui pourrait permettre ne serait-ce qu’un lien avec l’extrĂȘme droite. PĂ©ter la vaisselle soulage peut-ĂȘtre sur le moment, mais n’a jamais aidĂ© Ă  payer ton loyer. Gratter ta croĂ»te ne fera pas disparaĂźtre la bougnasse au milieu de ton front (bref on peut continuer longtemps les mĂ©taphores). Opposer groupuscules plus ou moins masquĂ©s mais carrĂ©ment surexcitĂ©s ne fait qu’inquiĂ©ter et confondre, et comme de toute maniĂšre les anti-systĂšme ne sont pas Ă  l’honneur, ni dans les mĂ©dias ni dans la justice, cela finira toujours par retomber sur ces derniers. L’extrĂȘme droite fonctionne avant tout sur l’instinct, et l’idĂ©ologie dominante ne s’en prive pas non plus ; c’est pourquoi c’est Ă  l’extrĂȘme gauche qu’il revient de montrer qu’elle est fonciĂšrement diffĂ©rente, utile et concrĂšte, empiriquement irrĂ©prochable, en devenant maĂźtre du logos (le verbe).

En fait, il faut accepter d’utiliser Ă  son profit certaines armes de l’idĂ©ologie dominante : voire quelquefois, jouer aux cons. Cela ne signifie en aucun cas un compromis, ou un abandon des valeurs anti-systĂšme. Il est nĂ©cessaire de s’appuyer un maximum sur les lois, tout houspiller, tout le temps, ĂȘtre omniprĂ©sent sur les rĂ©seaux sociaux, faire preuve d’une transparence qui ferait rougir le terme Glasnost (tout filmer, tout publier), et rechercher explicitement l’appui des intellectuels (oui, ce n’est pas un gros mot). Bourdieu nous a quittĂ©, mais il reste de trĂšs bons gars, en France et ailleurs, Ă  citer sans modĂ©ration et qui se font un plaisir de dĂ©monter les argumentaires ultra-libĂ©raux et les rĂ©flexions xĂ©nophobes (11). MĂȘme s’ils ne sont pas rĂ©volutionnaires, le dialogue et le soutien de certains mouvements tels ATTAC doivent ĂȘtre encouragĂ©s bruyamment, et s’inscrire dans une stratĂ©gie de rayonnement au minimum europĂ©en ; aprĂšs tout, ils dĂ©noncent eux aussi l’oligarchie financiĂšre, ils le font bien et rencontrent un fort Ă©cho.

Je le redis, l’extrĂȘme gauche est plus que lĂ©gitime. Seulement, elle doit reconnaĂźtre qu’elle se trouve dans un systĂšme dominĂ© par la publicitĂ© et la surmĂ©diatisation du rien, et oĂč tout est fait pour la rĂ©duire au silence. C’est pourquoi c’est seulement par une refonte de ses modes de diffusion que pourra se prĂ©server et rĂ©pandre l’espoir rĂ©volutionnaire, et que la justice sociale triomphera enfin par tous et pour tout(e)s.

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Allez j’arrĂȘte.
(1) Ici, lĂ , et encore maintenant.
(2) Ouais, mĂȘme que c’est la police qui l’a dit. Et si vous ne me croyez pas et que le cas rĂ©cent de ClĂ©ment MĂ©ric ne vous suffit pas, il y a un gros rapport un peu vieux mais assez complet de 2004 par la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme qui Ă©voque pas mal de fois les violences commises par l’extrĂȘme droite en France (854 pages, allez bisous).
(3) La page NON Ă  Pegida en France a fait un minutieux travail de recensement des appels Ă  attaquer les rĂ©fugiĂ©(e)s ou les centres les accueillant, en particulier sur la zone de Calais, de mĂȘme qu’elle publie rĂ©guliĂšrement les agressions dont ils sont victimes. La liste est malheureusement trop exhaustive pour tout citer, je vous laisse contempler par vous-mĂȘme.
 (4) Les attaques rĂ©currentes en France (comme Ă  l’internationale d’ailleurs) sont pointĂ©es du doigt dans le dernier rapport annuel de l’association SOS Homophobie.
(5) Pour preuve, et citations Ă  l’appui, une analyse intĂ©ressante d’Acrimed de la pseudo-critique des mĂ©dias comme paravent Ă  la dĂ©nonciation du fameux complot judĂ©o-sionisto-sĂ©mite.
(6) Un top citations de Nadine Morano, les sorties racistes de Manuel Valls, la double portion de frites sarkozystes, les n’importe quoi d’Estrosi, le scandaleux Brice Hortefeux, etc..
(7) Bien que nous respectons les militants et certains combats menĂ©s par le PCF, nous n’incluons pas ce parti dans le mouvement d’extreme gauche. En effet, le PCF se situe depuis Robert Hue dans le rĂ©formisme et non l’esprit rĂ©volutionnaire. Sa participation Ă  la fondation du Front de Gauche, lequel souhaite une VIe RĂ©publique, donc dans le fond la continuitĂ© du systĂšme, achĂšve de l’Ă©carter dĂ©finitivement de la gauche de la gauche.
(8) Ok, je cite Ardisson qui cite lui-mĂȘme un sondage tirĂ© de L’Ă©vĂšnement du jeudi, ça craint un peu.
(9) Et j’ai cherchĂ© : LCR puis NPA, LO, Parti des Travailleurs 
 Pas de scandales, pas de pot-au-vin, pas de dĂ©tournement de fonds, pas de harcĂšlement sexuel, pas d’espionnage. Une tisane et au lit quoi.
(10) DĂ©claration d’Olivier Besancenot en mai 2011 :

“Depuis de nombreux mois, je fais aussi partie de ceux qui mettent en garde notre parti contre les risques politiques de la personnalisation Ă  outrance. Que les idĂ©es s’incarnent ponctuellement dans un contexte social et politique dĂ©terminĂ©, ou qu’il faille dĂ©lĂ©guer la tĂąche militante de la reprĂ©sentation publique, par un mandat prĂ©cis et limitĂ© dans le temps, est une chose. Jouer des ambiguĂŻtĂ©s du systĂšme politique et mĂ©diatique pour se substituer Ă  l’action militante rĂ©elle au sein de la lutte de classe, en est une autre. (…) S’efforcer de perpĂ©tuer la dĂ©monstration selon laquelle nous n’avons pas besoin des politiciens pour nous exprimer, comprendre et proposer, est un acte progressiste. Se rassurer en pensant « jouer la sĂ©curité » serait cĂ©der, au contraire, Ă  des instincts « conservateurs » pernicieux qu’il faut laisser aux autres. Or, nous n’envisageons pas l’activitĂ© politique comme les autres partis. Ce serait aussi, Ă  mes yeux, une contradiction intenable : nous dĂ©nonçons un systĂšme oĂč la politique est devenue une valeur marchande d’un cĂŽtĂ©, et de l’autre, nous commencerions involontairement Ă  nous intĂ©grer dans le dĂ©cor politique traditionnel en incrustant notre mouvement et nos idĂ©es dans la case « candidat rituel Ă  l’élection prĂ©sidentielle » de notre tĂ©lĂ©viseur. C’est risquer, Ă  terme, de nous transformer en caricature de nous-mĂȘmes, voire en alibi du systĂšme. (…) Le jeune travailleur parti Ă  l’assaut de la politique en 2002 est inĂ©luctablement devenu, en 2007, celui qui « fait de la politique tout en continuant Ă  travailler » et probablement quelqu’un qui « fait de la politique tout court » en 2012.”

(11) certes ce ne sont pas des rĂ©volutionnaires, mais Syriza l’a fait en 2012 et ça a marchĂ©, et Corbyn en a Ă©galement constituĂ© un.
(12) pour les questions de rĂ©Ă©critures historiques, Robert Paxton ; pour les questionnements sur les fascismes anciens et nouveaux, le dĂ©bat passionnant Berstein VS Sternhell ; pour la luciditĂ©, le truculent Slavoj Zizek ; pour l’hypocrisie de nos sociĂ©tĂ©s, le regrettĂ© Zygmund Bauman ; pour se prendre le chou avec ses collĂšgues, Jean-Claude MichĂ©a ; Noam Chomsky, parce que Noam Chomsky quoi ; bon nombre d’Ă©conomistes participant aux Rencontres DĂ©connomiques. Et j’en passe.
Nota bene : Les petites illustrations rigolotes sont issues de la page Sassy Socialist Memes. Donc à prendre avec humour au 45e degré.
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