Le phénomène AMLO / El fenómeno AMLO

Non, ce n’est pas un hallucinogène mystérieux ou un clip coréen chelou, mais les initiales d’un homme politique mexicain – supposément – pas comme les autres : Andrés Manuel López Obrador.

Nota bene :  cet article n’aurait pas été possible sans les excellentes investigations de médias mexicains courageux : c’est pourquoi je remercie en particulier Animal Politico,  Aristegui Noticias, et Proceso.

El hombre :

Manuel Obrador naît en 1953 dans l’Etat de Tabasco (rien à voir avec la sauce piquante, en revanche c’est une région riche en hydrocarbures), au sein d’une fratrie de sept enfants. Ses parents sont des commerçants, issus de l’immigration espagnole. Il a quatre fils, issus de ses deux mariages. Il est diplômé en sciences politiques et en administration publique de la prestigieuse Université Nationale Autonome du Mexique (la meilleure université publique du pays, et jamais en reste dans les mouvements sociaux et de revendication).

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“Morena : l’espérance du Mexique / Le destin du Mexique n’a pas de prix.”

Son introduction dans le monde politique présente plusieurs aspects : en 1976, il soutient le poète Carlos Pellicer Cámara au poste de sénateur de l’Etat de Tabasco (1) ; c’est aussi le moment où il rejoint le sulfureux Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) jusque dans les années 80 (2). L’année suivante, il est nommé directeur de l’Institut National Indigéniste (l’actuelle Commission Nationale pour le Développement des Peuples Indigènes)  du même Etat, afin de promouvoir et défendre les droits des Mayas chontales (3). Tout en conservant un appui important dans son Etat natal, il s’implante durablement à la capitale en devenant le directeur de l’Institut National de Protection du Consommateur. À partir de 1983, il se démet de ses fonctions au PRI et commence à se présenter comme candidat dans diverses coalitions composées d’anciens dissidents et d’indépendants.

État des lieux : le Mexique, une terre balkanisée (ou fillonisée, ça marche aussi).

Pendant longtemps, la scène politique mexicaine a été dominée par deux partis, dont l’un omniprésent : le PRI, précédemment cité, et le PAN (Parti Action Nationale). Le PRI est le parti issu au sortir de la Révolution mexicaine (Pancho Villa et la mouvance des moustachus révoltés au début du XXe siècle), et le parti de l’actuel président, Enrique Peña Nieto. La Révolution mexicaine est à son origine populaire et sociale, et le PRI se revendique de cette mouvance, mais dans les faits il applique une politique parfaitement libérale, et ses membres sont tous sauf de pauvres paysans exploités. Le PAN est son adversaire traditionnel, encore plus à droite, versé dans le religieux ; une version latine du Tea Party étasunien. Les autres partis (le Parti Vert, le Parti Nouvelle Alliance, le Parti du Travail, Parti Humaniste, Mouvement Citoyen, etc.) peinent à exister, et s’ils parviennent au pouvoir, doivent accepter la loi d’Hérode, concept politique ironique illustré à merveille par le film culte mexicain La Ley de Herodes (4), et ici traduit de la manière la plus polie possible : “se soumettre ou se faire avoir”. Les résultats des élections sont régulièrement remis en cause. La politique mexicaine est minée par deux grands fléaux : une corruption tentaculaire et structurelle, aggravée par la proximité à toutes les échelles avec les cartels, et une impunité à toute épreuve. Trois cas suffiront :

Javier Duarte de Ochoa : gouverneur priiste de l’Etat de Veracruz (la fameuse chanson La Bamba vient de là-bas) de 2010 à 2016, accusé d’avoir commandité meurtres et agressions sur divers journalistes et photographes critiquant son action. Sous son mandat, une partie de la police veracruzienne a du être dissoute et remplacée par la Marine, tant le constat de sa corruption était alarmant. Il a amassé une fortune colossale, notamment grâce à un réseau de sociétés fantômes. L’homme et son épouse sont en fuite depuis la fin de son exercice ; Interpol les recherche en vain depuis plusieurs mois. On a retrouvé à son domicile un carnet tenu par sa femme, Karime Macías de Duarte, où était rédigée la litanie suivante “Oui, je mérite la richesse” (wtf), preuve du caractère pathologique de leur malhonnêteté grandiloquente.

Felipe de Jesús Calderón Hinojosa : paniste, président de la République (2006-2012). Felipe n’a de christique que le nom. Outre la lutte de “tolérance zéro” contre les cartels qui a fait des dizaines de milliers de morts et les exactions commises par les forces armées (5), il lui est reproché sa connivence avec PEMEX (Pétroles Mexicains), la méga entreprise nationale de production de pétrole et de gaz. En effet, lorsqu’il était Secrétaire de l’Énergie (l’équivalent de Ministre de l’Environnement et de l’Énergie), Calderón a accordé plusieurs contrats juteux (on parle de millions de pesos) entre PEMEX et la compagnie Hildebrando dirigée par son beau-frère, Diego Hildebrando. Vous avez dit trafic d’influence ? Depuis, l’ex-président s’apprête à enseigner tranquillement à Harvard, où il a jadis étudié, tandis que sa femme, Margarita Ester Zavala Gómez del Campo, est en passe de devenir la nouvelle candidate du PAN pour conquérir Los Pinos (l’équivalent de l’Elysée).

Enrique Peña Nieto, l’actuel président (PRI) : le bilan de son mandat demanderait tout un article, voici seulement quelques détails parmi les plus fameux dans le pays. Pour les plus aux faits des rumeurs, nous passerons volontairement les accusations du meurtre de sa première épouse, faute d’avoir rencontré d’enquête suffisamment sérieuse. Enrique est marié depuis 2010 à une ex-actrice de telenovela, Angelica Rivera dite La Gaviota (pour info ça veut dire La Mouette). Cela n’aurait rien de répréhensible si celle-ci n’était pas propriétaire de la Casa Blanca, une propriété insolemment luxueuse évaluée à 7 millions de dollars, mais financée frauduleusement par le parti, construite par des entreprises amies ayant par la suite bénéficié de contrats étatiques, et enfin, non déclarée aux impôts. En plus d’avoir largement dépassé le montant autorisé pour une campagne présidentielle, la conquête du pouvoir de Peña Nieto a été soutenue par les lobbies pétroliers, ainsi que grassement achetée à Televisa, le n°1 des médias au Mexique, afin d’obtenir une couverture médiatique favorable. Enfin, la licenciatura (bachelor) en droit du Président est techniquement invalide pour cause de plagiat ; de même, son obtention du Master d’Administration à la très chic Université Technologique de Monterrey n’est mentionnée dans aucun registre (ibid.).

Le PRD et MORENA :

Prônant le renouvellement, et en réponse aux élections frauduleuses de 1988 qui ont vu la victoire d’un candidat priiste face au candidat dissident Cuauhtémoc Cardenas (prononcer Quoi-au-té-mok Cardénasse), AMLO co-fonde avec ce dernier en 1989 le Parti de la Révolution Démocratique, constituée d’anciens du PRI et divers politiques de gauche (donc le Parti communiste), et appartenant sur le plan international à l’Internationale Socialiste. Cuauhtémoc Cardenas a été candidat jusqu’en 2000, sans jamais gagner les présidentielles ; cependant, ce parti de gauche gagne plusieurs Etats réputés pour leur esprit de contestation et pour certains leurs liens avec les mouvements zapatistes : le Michoacan, Guerrero et le Chiapas. En 2006, AMLO prend le relais et se présente aux présidentielles au sein d’un vaste mouvement de rassemblement de la gauche, la Coalition pour le Bien de Tous. Il perd avec moins de 0,6% de différence de voix face au candidat paniste, Felipe Calderón (comme on se retrouve), ce qui ne manque pas d’engendrer des semaines de polémique et de recours en justice.

C’est dans ces années-ci que le PRD sombre peu à peu dans la tourmente ; accusé à son tour de multiples cas de corruption (blanchiment d’argent, pots-de-vin, frais de bouche), des preuves accablantes sont apportées par un Bernard Tapie argentin, Carlos Ahumada, qui filmait ses entretiens avec les personnalités du PRD ; il est venu le temps des Videoescandalos, impliquant jusqu’au secrétaire particulier d’AMLO, René Bejarano. Enfin, la goutte de citron faisant déborder le bol à guacamole est atteinte en 2014, lorsque que le pays comprend que le PRD a couvert sinon ignoré les agissements du maire PRD d’Iguala, José Luis Abarca, reconnu coupable dans la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa (6). Après une fuite rocambolesque, celui-ci croupit depuis en prison avec sa femme. Signe fort, Cuauhtémoc Cardenas quitte le parti pour marquer son désaccord : bref, le PRD entre officiellement dans le jeu de la loi d’Hérode.

Casseroles et dissidences internes aidant, AMLO décide de quitter le PRD en 2012 et de fonder dans la foulée un mouvement social qui devient par la suite parti, le Mouvement pour la Régénération Nationale (ou MORENA). Sa Déclaration de Principes s’analyse comme une conception de gauche de la société, laquelle se veut sociale et transparente, ouverte à toutes et tous sans distinction d’âge, de classes et d’appartenance ethnique, et qui accorde à l’écologie et à la culture la même importance qu’à l’économie. En dépit de son jeune âge, MORENA fait son entrée à la Chambre des Députés en 2015 (36 élus) et 18 districts (ou arrondissements) de la capitale. Il séduit en priorité les jeunes, les petites classes moyennes urbaines et les intellectuels de gauche. AMLO est actuellement le candidat officiel de MORENA pour les élections présidentielles de 2018 ; les sondages le placent régulièrement favori (lui-même ne se fait d’ailleurs pas prier pour le souligner).

Vous trouverez ici le programme de campagne, humblement renommé par les partisans de MORENA “Les 50 points d’AMLO pour sauver le Mexique”, et pour les non-hispanisants, nous vous traduisons gracieusement les 10 thèmes phares du candidat, parce que oh après tout, vous n’aviez qu’à vous pencher davantage sur votre grammaire d’espagnol au lycée, petits fumistes. Un programme à l’évidence généreux et soucieux de la population, mais néanmoins fort peu loquace sur les mesures concrètes, les lois à promulguer ou l’organisation du budget.

1. Pour la révolution des consciences et une pensée critique et solidaire. Pour un nouveau courant de pensée.

2. Pour une éthique républicaine et contre la corruption.

3. Pour une démocratie au service du peuple et de la nation et contre l’autoritarisme.

4. Pour la Défense de la Souveraineté Nationale et l’indépendance et contre la couardise.

5. Pour une nation pluriculturelle et le respect des peuples indigènes.

6. Pour la démocratisation et l’accès des médias de communication de masse.

7. Pour un nouveau modèle économique.

8. Pour accomplir et renforcer les droits sociaux et contre l’inégalité.

9. Pour le respect des Droits Humains et contre la violence.

10. Pour la sauvegarde des campagnes, l’autonomie alimentaire et contre la déprédation des ressources naturelles.

MI-JLM, MI-CORBYN :

AMLO apparatchik ? Oui, on pourrait lui rapprocher le fait que son parcours s’apparente davantage à une carrière politique qu’à un militantisme façon Besancenot : président du PRD, gouverneur du District Fédéral (l’équivalent de préfet d’Île-de-France), président de MORENA. Ensuite, pour quelqu’un qui prône le renouvellement des élites, avoir milité dans le parti le plus ancien et le plus décrié (le PRI), tue quelque peu la crédibilité du discours. Cependant, sans vouloir jouer au chevalier blanc mais par souci de présenter le contexte dans son ensemble, force est de reconnaître qu’il n’existe pas de tradition de candidat indépendant, de représentation syndicale à un niveau national, ni de système permettant l’existence et la visibilité de “petits” partis, encore moins dans les années 70. À cette époque, et même encore maintenant, l’entrée en politique se fait par l’entrée au parti, et rappelons que le PRI dirige le pays sans interruption depuis des décennies. L’exemple d’El Bronco (Jaime Rodríguez Calderón), actuel gouverneur de l’Etat du Nuevo Leon est assez parlant. En 2015, il est le premier candidat a-parti à gagner une élection, et cela fait sensation jusque dans la presse internationale. Or, El Bronco est loin d’être un indépendant pur jus puisqu’il a été membre du PRI (et même maire priiste !) jusqu’en 2014. Toutefois, AMLO n’est pas sans nous rappeler notre bon vieux Jean-Luc Mélenchon : un ex-PS, député, ministre, sénateur, qui appelle à une nouvelle République pour en finir avec ces toujours-les-mêmes. Hum hum. D’ailleurs, la Déclaration de Principes se propose ni plus ni moins comme le quatrième tournant historique du pays : Indépendance, Réforme, Révolution, MORENA (7). Autre étrangeté : en 2006, après avoir perdu les élections présidentielles pour la première fois, AMLO s’autoproclame président légitime de la République, nomme son gouvernement et orchestre une mise en scène  sur le Zocalo (la place centrale de México, où se situe ni plus ni moins le palais présidentiel !) de son investiture (à 1min12s). Enfin, en tant que candidat se prétendant d’une gauche juste et luttant contre les inégalités, on peut s’étonner de la proximité entre Manuel Obrador et le multimilliardaire capitaliste Carlos Slim (propriétaire d’à peu près tout et n’importe quoi de rentable et de kitch dans le pays). Ce dernier l’a en effet largement aidé lorsqu’il était à la tête de la ville de México dans la réhabilitation du centre historique, et a racheté nombre de bâtiments qu’il a personnellement financé pour leur rafraîchissement.

Au contraire de la majorité des dirigeants, AMLO bénéficie, et ce depuis longtemps, d’un évident soutien populaire. En 2000, il est élu gouverneur du District Fédéral ; il mène alors une politique sociale envers les plus démunis : pension alimentaire pour les personnes âgées, réhabilitation du centre historique laissé à l’abandon … Il initie une certaine forme de participation directe en proposant deux référendums, et se veut irréprochable en matière de transparence, établissant une conférence de presse quotidienne durant son mandat. En 2006, soit au moment des élections, AMLO est mis en accusation par le gouvernement mexicain pour avoir passé outre une décision officielle (l’interdiction de construire sur un terrain exproprié). Menacé de perdre son immunité d’élu afin de pouvoir être traduit en justice, ce qui l’empêcherait donc de se présenter aux présidentielles, plus d’1 million de personnes, du jamais vu, descend dans les rues de la capitale pour protester contre cet acharnement ; le gouvernement de Vicente Fox abandonne le processus. Idem en 2012, lorsque Manuel Obrador perd face à Peña Nieto, la rue manifeste son mécontentement, le tout dans un contexte de fortes suspicions de fraude. Durant ses campagnes présidentielles, AMLO est le seul candidat à visiter tous les Etats du pays et toutes les délégations du District Federal (rappelons que le Mexique, c’est 120 millions d’habitants, dont 21 pour la seule agglomération que forme la capitale, et une superficie totale de près de 2 millions de km2). Jusqu’à maintenant, MORENA n’a eu aucun scandale financier ou de corruption, et l’homme n’a encore aucune accusation à considérer avec sérieux. Ce qui est assez encourageant. C’est pourquoi AMLO nous fait aussi songer au sympathique Jeremy Corbyn, le candidat travailliste britannique qui galère avec les cadres à la ramasse de son parti, mais est aimé des foules, et en particulier de la jeunesse.

UNE GUERRE OUVERTE SEUL CONTRE TOUS.

AMLO demeure un candidat décrié par nombre d’officiels. Des personnalités politiques comme l’écrivaine Guadalupe Loaeza (PRD) dénoncent l’autoritarisme du personnage, qui tout comme JLM goûte peu à la critique. Il lui est sans cesse demandé par le PRI de se justifier sur ses liens supposés avec le maire d’Iguala dans le cadre des 43 d’Ayotzinapa. Il existe même des spots officiels à la télévision – assez kitchouilles – l’attaquant et le présentant comme “Le danger du Mexique”. Enfin, il est en conflit ouvert avec le nouveau gouverneur de Veracruz, Miguel Ángel Yunes Linares (PAN), chacun accusant l’autre d’avoir ni plus ni moins reçu des sommes énormes d’argent (de la part du PRI concernant Yunes Linares, émanant de Javier Duarte dans le cas d’AMLO). Un rien enflamme la polémique, les instances officielles manquent cruellement de réserve, sans laisser de place à la présomption d’innocence, ce qui laisse supposer le caractère artificiel et haineux d’au moins une partie des attaques. Récemment en déplacement à New York auprès de la communauté mexicaine expatriée, AMLO a été pris à partie par l’un des parents des 43 disparus. Plusieurs versions d’une vidéo circulent, certaines l’accusant d’avoir envoyé balader le père meurtri, d’autres au contraire louant son empathie. Il n’est guère mieux traité à l’étranger. The Economist considère le candidat comme un “populiste” (d’ailleurs ses supporters sont regroupés sous l’appellation de “multitude”, la prochaine fois attendons-nous à voir écrit “gueux”), capable de faire sombrer l’économie du pays s’il venait à être élu. L’année dernière, The Wall Street Journal a accusé AMLO d’avoir omis volontairement deux appartements dans sa déclaration d’impôts. À l’inverse, nombre d’intellectuels d’envergure, exempts de toute compromission avec les régimes précédents, soutiennent avec chaleur le candidat moreniste : l’écrivaine Elena Poniatowska (Prix Cervantés en 2013), mais également le regretté Carlos Fuentes, Laura Esquivel, Paco Ignacio Taibo II …

Il est évident que Manuel Obrador ne dispose pas de la même facilité de couverture médiatique que les leaders des “grands” partis, en dépit de la loi d’égalité du temps de parole. Même le PRD, pourtant troisième force politique, est sous-représenté dans les médias de masse. En outre, rappelons que les médias les plus stratégiques (les chaînes de télé par exemple), appartiennent essentiellement à des hommes d’affaires proches des milieux priistes. Emilio Azcárraga Jean, l’un des hommes les plus riches du pays, propriétaire du géant médiatique Televisa (comme on se retrouve bis), qui détient au moins 4 chaînes du canal mexicain, fricote avec plusieurs gouvernements fédéraux priistes et panistes dans une sale affaire de millions détournés ; il est également impliqué dans les transactions douteuses autour de l’indécente Casa Blanca mentionnée plus haut. Bref, la même collusion politico-médiatique dénoncée chez nous par Serge Halimi ou Acrimed (8). Pourtant, El Financiero va jusqu’à s’indigner de la liberté d’expression dont bénéficierait le candidat, et sous-entend le caractère complotiste de ses discours. Vous l’aurez compris, dans les milieux d’affaires, AMLO est un Bernie Sanders latino.

Il peut se produire beaucoup, beaucoup de choses d’ici 2018. En dépit de son mantra “la troisième fois sera la bonne” (en référence à ses candidatures précédentes), AMLO craint des possibilités de fraude. Personnellement, je n’adhère pas au mythe de l’homme providentiel, l’idée romantique d’un juste oeuvrant parmi les méchants. Il est à déplorer l’absence d’un cabinet fantôme ou même d’un ticket, et d’une cristallisation à tendance messianique autour de la seule figure d’Obrador. Cependant, je souhaite sincèrement aux Mexicains qu’AMLO soit un homme probe, capable de changements sociaux réels. Toutefois, l’honnêteté même avérée d’un seul est-elle suffisante face à la machine étatique, administrative et mafieuse ? Quoiqu’il en soit, on peut affirmer que l’intérêt tout autant que l’hostilité suscités par AMLO sont révélateurs d’enjeux cruciaux pour la société mexicaine, et d’attentes devenues exigences vitales pour nombre de ses citoyens. Pour ma part, j’attends avec curiosité la décision du mouvement zapatiste ; en effet, lors du Cinquième Congrès Indigène, le Sous-Commandant Galeano (anciennement Marcos) a émis pour la première fois l’idée d’une candidature féminine indigène pour 2018, afin de médiatiser les revendications des peuples autochtones.

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(1) Le Mexique est une république fédérale fondée par la Constitution de 1917 : il est divisé en 32 Etats (hors capitale), chacun dirigé par un gouverneur, et disposant de son propre congrès et de sa propre constitution. Au niveau national, le Président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de six ans (particularité : un seul tour). Il y a deux Chambres : celle des Députés (500) et celle des Sénateurs (128).
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(2) Non mais déjà, comment peut-on être révolutionnaire et institutionnel ? Ensuite, c’est un parti conservateur et autoritaire, impliqué dans de multiples scandales, dont le massacre de Tlatelolco en 1968.
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(3) Encore aujourd’hui, les peuples indigènes du Mexique souffrent de fortes discriminations à tous les niveaux, et d’un accès moindre sinon inexistant aux services publics (à ce titre, cf l’entretien avec l’anthropologue et sociologue Bruno Baronnet).
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(4) La Loi d’Hérode a été adaptée avec succès au cinéma par Luis Estrada en 1999. Dans le Mexique rural des années 50, le personnage principal, Juan Vargas, est un petit militant obscur du PRI. Du jour au lendemain, dans un contexte tendu par les prochaines élections fédérales et nationales, il est nommé maire du petit village San Pedro de los Saguaros, pauvre et à majorité indigène. Ceux-ci ont tué à la machette leur précédent élu, coupable de corruption et de détournement de fonds. Le film raconte avec beaucoup d’humour noir l’apprentissage du pouvoir et de ses bénéfices, et l’hypocrisie des dirigeants aussi bien que des institutions, qu’elles soient politiques, administratives ou religieuses.
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(5) Certains spécialistes, unis autour du mouvement Tribunal Pénal International contre Felipe Calderon, vont jusqu’à parler de crimes de guerre.
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(6) Un récapitulatif de l’affaire en français et en espagnol est disponible ici. La disparition des 43 continue à indigner profondément le pays, du fait que tout manque : les corps des victimes, les coupables, l’action en justice, les commémorations officielles …
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(7) Cf article 4. Petit rappel : Indépendance pour la guerre d’indépendance vis-à-vis de l’Espagne (1810-1821) ; Réforme pour la politique réformiste du président Benito Juarez (1858-1872); Révolution, pour la période révolutionnaire entre 1910 et 1920, qui a conduit à l’élaboration de l’actuelle Constitution.
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(8) À ce sujet, le mariage de Peña Nieto, le beau gosse mexicain propret avec la super star de télé La Gaviota, héroïne de la telenovela la plus populaire de l’histoire mexicaine (Distilando el amor), est tout sauf innocent. La telenovela au Mexique est quasiment une institution, autant qu’un match de football en Angleterre ou Vivement dimanche ! chez ta mamie. Il a permis au jeune candidat priiste de s’imposer à peu de frais auprès d’un large public. Vice le résumé fort bien dans l’intro de ce court reportage.

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El fenómeno AMLO

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Diego Rivera.

No, no es un nuevo alucinógeno o un videoclip coreano raro, pero sí, las iniciales de un hombre político mexicano – supuestamente – diferente de los otros hombres : Andrés Manuel López Obrador.

Nota bene : ese artículo no hubiera sido posible sin las excelentes investigaciones de medios mexicanos valientes: por eso agradezco especialmente  Animal PolíticoAristegui Noticias, y Proceso.

EL HOMBRE :

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Manuel Obrador nace en 1953 en el Estado de Tabasco (nada que ver con la salsa, sin embargo es una región rica en hidrocarburos), en una familia de siete hijos. Sus padres eran comerciantes, e inmigrantes españoles. Tiene cuatro hijos, de dos matrimonios. Es licenciado en ciencias políticas y administración pública por la Universidad Nacional Autónoma de México (la mejor universidad pública del país, y siempre adelante con los movimientos sociales y las reivindicaciones).

Su introducción en el mundo político presenta varios aspectos : en 1976, apoya el poeta Carlos Pellicer Cámara al puesto de senador en el Estado de Tabasco (1) ; también es el momento donde ingresa al sulfuroso Partido Revolucionario Institucional (PRI) hasta los años ochenta (2). El año siguiente, está nominado director del Instituto Nacional Indigenista (actual Comisión Nacional para el Desarrollo de los Pueblos Indígenas) del mismo Estado, para promover y defender los derechos de los Mayas chontales (3). Conservando al mismo tiempo un apoyo importante en su tierra natal, se implanta de manera duradera en la capital, convirtiéndose en director del Instituto Nacional de Protección de los Consumidores. A partir de 1983, sale del PRI y empieza presentarse como candidato en varias coaliciones, hechas por disidentes e independientes.

ESTADO DE COSAS: MÉXICO COMO TIERRA BALKANIZADA – O FILLONIZADA, TAMBIÉN FUNCIONA – (4).

Durante décadas, la escena política mexicana estuvo dominada por dos partidos, el omnipresente PRI, anteriormente citado, y el PAN (Partido Acción Nacional). El PRI es el partido resultante de la Revolución Mexicana (Pancho Villa y todo el movimiento de los bigotes rebeldes al inicio del siglo XX), y también es el partido del Presidente actual, Enrique Peña Nieto. Originalmente, la Revolución mexicana es popular y social, y el PRI se reivindica de esos principios ; en la práctica, aplica una política perfectamente liberal, y sus miembros nunca son campesinos explotados. El PAN es su adversario tradicional, aún más a la derecha, y muy religioso; una versión latina del Tea Party estadounidense. Los otros partidos (Partido Verde, Partido Nueva Alianza, Partido del Trabajo, Partido Humanista, Movimiento Ciudadano, etc.) tienen gran dificultades existir, y si llegan al poder, deben aceptar la ley de Herodes, concepto político irónico ilustrado de manera maravillosa por la película de culto mexicana La Ley de Herodes (5) : « o te chingas o te jodes ». Los resultados de las elecciones están regularmente cuestionados. La política mexicana está afectada por dos plagas: una corrupción tentacular y estructural, agravada por la proximidad a todas escalas con los carteles, y una impunidad a toda prueba.

Tres casos son suficientes:

Javier Duarte de Ochoa : gobernador priista del Estado de Veracruz (de donde sale la canción La Bamba) de 2010 hasta 2016. Está acusado de haber ordenado asesinatos y agresiones sobre periodistas y fotógrafos, quienes criticaban sus acciones. Durante su mandato, una parte de la policía veracruzana estuvo disuelta y reemplazada por la Marina, porque el constato de su corrupción estaba alarmante. Duarte acumuló una fortuna colosal, especialmente gracias a una red de empresas fantasmas. El hombre y su esposa están en fuga desde el fin de su función; Interpol les busca en vano desde varios meses. Se encontró en su domicilio un cuaderno de su mujer, Karime Macías de Duarte, donde se encuentra la fórmula siguiente : « Si merezco abundancia » (wtf), prueba del carácter patológico de su deshonestidad grandilocuente.

Felipe de Jesús Calderón Hinojosa : panista, presidente de la República (2006-2012). Felipe tiene del Cristo el nombre nada más. Además de la guerra contra los narcotraficantes, cual hizo docenas de miles de muertos y exacciones hechas por el ejército (6), se le reprocha también su connivencia con PEMEX (Petróleos Mexicanos), la mega empresa nacional de producción de petróleo y de gas. En efecto, cuando él estaba Secretario de la Energía, Calderón concedió varios contratos jugosos (se habla de millones de pesos) entre PEMEX y la compagina Hildebrando, dirigida por su cuñado, Diego Hildebrando. ¿ Dijiste tráfico de influencias ? Ahora, el ex presidente va a enseñar tranquilamente en Harvard, donde estudió antaño, mientras su esposa, Margarita Ester Zavala Gómez del Campo, será probablemente la nueva candidata del PAN para conquistar Los Pinos.

Enrique Peña Nieto, el presidente actual (PRI) : la evaluación de su mandato necesitaría todo un artículo, aquí solamente algunos datos entre los más conocidos en el país. Bueno no seguiremos el camino del chisme, y no hablaremos de las acusaciones del asesinato de su primera esposa, porque no hemos encontrado una investigación seria y con referencias sobre el caso. Enrique está casado desde 2010 con una ex actriz de telenovela, Angélica Rivera alias ¨ La Gaviota ¨. No es un acto reprensible, pero ella es dueña de la Casa Blanca , una propiedad insolentemente lujosa, evaluada por 7 millones de dólares, pero financiada fraudulentamente por el partido, construida por empresas amigas cuales beneficiaron después de contratos estatales, y por fin, no declarada a los impuestos. Además que la campaña presidencial ha sobrepasado ampliamente el importe autorizable, la conquista del poder de Peña Nieto estuvo apoyada por lobbies petroleros, y la cobertura mediática favorable generosamente pagada a Televisa, el n°1 de los medios en México. Por último, la licenciatura (bachelor) en derecho del Presidente está técnicamente inválida por plagio; de igual manera, la obtención de su Maestría en Administración a la fresita Universidad Tecnológica de Monterrey no está mencionada en ningún registro (ibid.).

El PRD y MORENA :

Deseando una renovación, y en repuesta a las elecciones fraudulentas de 1988 cuales hicieron ganar un candidato priista frente al candidato disidente Cuauhtémoc Cárdenas, AMLO co-funda con este último en 1989 el Partido de la Revolución Democrática, constituido por ex militantes del PRI y varios políticos de la izquierda (incluido el Partido Comunista Mexicano). A nivel internacional, el PRD pertenece a la Internacional Socialista. Cuauhtémoc Cárdenas estuvo candidato hasta 2000, sin nunca ganar las presidenciales. Sin embargo, ese partido de la izquierda gana varios Estados conocidos por su espíritu de contestación y para algunos, por sus vínculos con los movimientos zapatistas : Michoacán, Guerrero y el Chiapas. En 2006, AMLO toma el relevo y se presenta a las presidenciales, dentro de un largo movimiento de reunión de la izquierda, la Coalición para el Bien de Todos. Pierde con menos de 0,6% de diferencia de votos frente al candidato panista Felipe Calderón (hola), algo que no deja de desatar semanas de polémica y de recursos judiciales.

En esos años, el PRD cae poco a poco en la tormenta ; acusado a su vez de múltiples casos de corrupción (lavado de dinero, sobornos, gastos de boca), pruebas abrumadoras están llevadas por un businessman argentino, Carlos Ahumada, quien filmaba sus entrevistas con las personalidades del PRD ; es el tiempo de los Videoescándalos, involucrando hasta el secretario particular de AMLO, René Bejarano. Por fin, la gota de limón hace desbordar el molcajete de guacamole en 2014, cuando el país se entera de que le PRD ha cubierto sino ignorado las actuaciones del alcalde PRD de Iguala, José Luis Abarca, reconocido culpable en la desaparición de los 43 estudiantes de Ayotzinapa (7). Después de una fuga rocambolesca, él se pudre en la cárcel con su esposa. Signo fuerte, Cuauhtémoc Cárdenas se sale del partido para marcar su desacuerdo ; en pocas palabras, el PRD entra oficialmente en el juego de la ley de Herodes.

Debido a las cazuelas y disidencias, AMLO decide irse del PRD en 2012, y funda un movimiento social cual se vuelve después en un partido, el Movimiento para la Regeneración Nacional (o MORENA). Su Declaración de principios se analiza como una concepción de izquierda de la sociedad, social y transparente, abierta a todas y todos, sin distinción de edad, de clases o de pertenencia étnica; da la misma importancia a la ecología, la cultura y la economía. A pesar de su juventud, MORENA hace su ingreso a la Cámara de Diputados en 2015 (36 elegidos) y 18 distritos en la capital. Seduce en prioridad los jóvenes, las pequeñas clases medias urbanas y los intelectuales de la izquierda. AMLO es actualmente el candidato oficial de MORENA para las elecciones presidenciales de 2018 ; las encuestas lo presentan regularmente como favorito (él mismo lo destaca).

Encontrarás aquí el programa de la campaña, humildemente renombrado por los seguidores de MORENA « Los 50 puntos de AMLO para salvar México ». Ese programa es obviamente generoso y preocupado por el bienestar de la población, sin embargo poco locuaz sobre las medidas concretas, las leyes a promulgar o la organización del presupuesto.

1. Por la revolución de las conciencias y un pensamiento crítico y solidario. Por una nueva corriente de pensamiento.

2. Por una ética republicana y contra la corrupción

3. Por la democracia al servicio del pueblo y de la nación y contra el autoritarismo.

4. Por la Defensa de la Soberanía Nacional y la independencia y contra el entreguismo.

5. Por una nación pluricultural y el respeto a los pueblos indígenas.

6. Por la democratización y el acceso a los medios de comunicación masiva.

7. Por un nuevo modelo económico.

8. Por cumplir y ampliar los derechos sociales y contra la desigualdad.

9. Por el respeto a los Derechos humanos y contra la violencia.

10. Por el rescate del campo, la soberanía alimentaria, y contra la depredación de los recursos naturales.

ENTRE JEAN-LUC MÉLENCHON Y JEREMY CORBYN (9).

¿AMLO apparatchik? Pues sí, se podría criticar su recorrido, cual se acerca más a una carrera política que a un militantismo tipo Felipe Besito (8) : presidente del PRD, gobernador del Distrito Federal, presidente de MORENA. También, se puede reprocharle que para alguien que crítica la omnipresencia de las élites, haber sido militante en el partido más antiguo y criticado (el PRI), mata un poco la credibilidad de su discurso. Sin embargo, se tiene que precisar el contexto en su conjunto, y se debe reconocer que no existe en México una tradición de candidatos independientes o una representación sindical a un nivel nacional, tampoco existe un sistema cual permite la existencia y la visibilidad de « pequeños » partidos, todavía menos en los años 70. Durante esa época, y hasta ahora, la entrada en política se cumple gracias a la entrada al partido, y el PRI ha dirigido el país sin interrupción durante décadas. El ejemplo de ¨ El Bronco ¨ (Jaime Rodríguez Calderón), actual gobernador del Estado de Nuevo León, está bastante revelador. En 2015, es el primer candidato sin partido a ganar una elección estatal, y eso hace sensación hasta en la prensa internacional. Ahora bien, ¨ El Bronco ¨ no es un independiente « real », porque estuvo miembro del PRI (y alcalde priista!) hasta 2014. Aun así, AMLO nos recuerda por su personalidad y su trayectoria a Jean-Luc Mélenchon : un ex miembro de uno de los dos partidos principales en Francia, Secretario, Senador, cual desea una nueva República para acabar con los mismos de siempre. Además, en su Declaración de Principios se propone con mucha sencillez como el cuarto cambio histórico del país : Independencia, Reforma, Revolución, MORENA (10). Otra rareza : en 2006, después haber perdido por primera vez las elecciones presidenciales, AMLO se proclama Presidente legítimo de la República, nomina su gobierno y orquesta, una puesta en escena de su investidura (1 minuto 12) en el Zócalo (la plaza central de México). En último lugar, podríamos sorprendernos de la proximidad entre un candidato de la izquierda supuestamente justa, luchando contra las desigualdades, y el multimillonario capitalista Carlos Slim (dueño de un chingo de cosas en el país). Este último le ayudo generosamente en la rehabilitación del centro histórico, cuando estaba jefe del gobierno de la ciudad de México ; recompró muchos edificios cuales él financio personalmente para su refrescamiento.

Al contrario de la mayoría de la dirigentes, AMLO beneficia, y desde tiempo, de un evidente apoyo popular. En 2000, estuvo elegido gobernador del Distrito Federal ; aplica una política social en favor de los más desfavorecidos : pensión alimenticia para las personas mayores, rehabilitación del centro histórico abandonado … Inicia una cierta forma de participación directa, proponiendo dos referéndums y se quiere irreprochable sobre la transparencia, estableciendo una conferencia de prensa cotidiana durante su mandato. En 2006, entonces al momento de las elecciones, AMLO está acusado por el gobierno de haber ignorado una decisión oficial (la interdicción de construir sobre un terreno expropiado). Amenazado a perder su inmunidad de dirigente para ir al juicio, y entonces no poder presentarse a las presidenciales, más de 1 millón de personas, hecho inédito, baja en las calles de la capital para protestar contra ese ensañamiento ; el gobierno de Vicente Fox abandona el proceso. Idem en 2012, cuando Manuel Obrador pierde frente a Peña Nieto, la calle manifiesta son insatisfacción, y todo eso en un contexto de fuertes sospechas de fraude. Durante sus campañas presidenciales, AMLO es el único candidato quien visita todos los Estados del país y todas las delegaciones del Distrito Federal (recuerden que México cuento 120 millones de habitantes, y 21 millones en la sola aglomeración que forma la capital, y una superficie total de casi 2 millones de kilómetros cuadrados). Hasta el momento, MORENA no ha tenido escándalos financieros o de corrupción, y el hombre mismo nunca ha tenido acusaciones serias. Y eso es estimulante. Por eso, AMLO nos hace pensar también al simpático Jeremy Corbyn, el candidato laborista británico, quien lucha contra los diputados engañosos fuera y en su propio partido, y quien tiene la afección del pueblo, especialmente la juventud.

UNA GUERRA ABIERTA SOLO CONTRA TODOS :

AMLO queda como un candidato criticado por muchos oficiales. Personalidades políticas como la escritora Guadalupe Loaeza (PRD) denuncian el autoritarismo del personaje, quien como JLM no le gusta la crítica. El PRI le pide constantemente justificarse sobre sus relaciones supuestas con el alcalde de Iguala en el caso de los 43 de Ayotzinapa. Existe hasta spots oficiales en la televisión – bastante kitsch – atacándolo y presentándolo como « el peligro de México ». Últimamente, está en conflicto abierto con el nuevo gobernador de Veracruz Miguel Ángel Yunes Linares (PAN), cada uno acusando al otro haber recibido enormes cantidades de dinero (de parte del PRI para Yunes Linares, de parte del maldito Javier Duarte en el caso de AMLO). Una nada enciende la polémica, las instancias oficiales faltan profundamente de reserva, no deja presunción de inocencia, lo que deja suponer el carácter artificial y odioso de una gran parte de esos ataques. Recientemente, durante un viaje a Nueva York para la comunidad mexicana expatriada, AMLO estuvo arremetido por uno de los padres de los 43 desaparecidos. Varias versiones de la video circulan en el web, algunas acusando el candidato haber enviado a chingarse al padre herido, otros al contrario dando gracias a su empatía. Al extranjero tampoco lo tratan bien. The Economist considera el candidato como « populista » (de hecho llama sus simpatizantes la « multitud », ¿ próxima vez qué será ? ¿ Pejechairos ? Ah perdón, ya existe.), capaz de hacer caer la economía del país si estuviera elegido. El año pasado, The Wall Street Journal acuso falsamente a AMLO de haber voluntariamente escondido dos departamentos en su declaración de impuestos. A contrario, muchos intelectuales, exentos de compromiso con el sistema, apoyan con calidez al candidato morenista : la escritora Elena Poniatowska (Premio Cervantes en 2013), el llorado Carlos Fuentes, la autora de Como agua para chocolate Laura Esquivel, el autor de novelas negras Paco Ignacio Taibo II …

Es evidente que López Obrador no dispone de la misma facilidad de cobertura de medios que los líderes de los « grandes » partidos, a pesar de la ley de igualdad de tiempo de palabra. Hasta el PRD, no obstante que es la tercera fuerza política, esta infrarrepresentado en los medios masivos. Asimismo, tenemos que recordar que los medios más estratégicos (los canales de televisión por ejemplo), pertenecen esencialmente a businessmen cercanos a círculos priistas. Emilio Azcárraga Jean, uno de los hombres con más fortuna en el país, dueño del gigante mediático Televisa (hola otra vez), posee al mínimo cuatro canales de la televisión mexicana, intriga con varios gobiernos federales priistas y panistas en un caso bien sucio de millones malversados ; también está involucrado en transacciones dudosas alrededor del indecente de la Casa Blanca, mencionada más arriba. En resumen, la misma colusión político – mediática denunciada en Francia por Serge Halimi o Acrimed (11). Sin embargo, El Financiero se indigna de la libertad de expresión del candidato, y da a entender el carácter conspiracionista de sus discursos. En el mundo de los negocios, AMLO aparece como un Bernie Sanders latino.

Pueden ocurrir muchas, muchas cosas hasta 2018. A pesar de su mantra « la tercera es la vencida » (en referencia a sus candidaturas anteriores), AMLO se preocupa por las posibilidades de fraude. Personalmente, no adhiero al mito del hombre providencial, la idea romántica de un justo entre los malos. Se puede lamentar de la ausencia de un gabinete a la sombra, o de ser nada más un ticket, y de esa cristalización a veces mesiánica alrededor de la sola figura de Obrador. Sin embargo, deseo sinceramente a los mexicanos que AMLO sea un hombre honrado, capaz de cambios sociales reales. No obstante, ¿ la honradez de uno puede ser suficiente frente à la maquina estatal, administrativa y mafiosa ? Sea como sea, se puede afirmar que el interés pero también la hostilidad suscitada hacia AMLO, revelan asuntos cruciales para muchos de los ciudadanos. Por mi parte, espero con curiosidad la decisión del movimiento zapatista; en efecto, durante el Quinto Congreso Indígena, el Subcommandante Galeano ha emitido por primera vez la idea de una candidatura femenina indígena para 2018, con el fin de mediatizar las reivindicaciones de los pueblos autóctonos.

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(1) México es una República federal fundada por la Constitución de 1917: está dividida en 32 Estados (más la capital), cada uno dirigido por un gobernador, con su propio congreso y su propia constitución. Al nivel nacional, el Presidente de la República esta elegido al sufragio universal por un mandato de seis años (particularidad : votación única). Existen dos cámaras : la de los Diputados (500) y la de los Senadores (128).

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(2) No mames, como puedes estar institucional y revolucionario al mismo tiempo? Además, es un partido conservador y autoritario, implicado en muchos escándalos, cual más conocido al nivel internacional puede ser el masacre de Tlatelolco en 1968.

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(3) Hasta ahora, los pueblos indígenas de México sufren de fuertes discriminaciones a todos los niveles, y de un acceso reducido sino ausente a los servicios públicos (cf la entrevista con el antropólogo y sociólogo Bruno Baronnet).

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(4) Patrick Balkany y François Fillon son dos hombres políticos muy conocidos en Francia. El primero es alcalde y diputado ; está reconocido culpable de múltiples casos de corrupción etc., incluyendo su esposa y su hijo. Tiene una fortuna personal estimada a millones de euros. El segundo fue Primer Ministro en el gobierno del ex Presidente de la Republica Nicolas Sarkozy (2007-2012) ; es actualmente candidato de la derecha para las elecciones presidenciales de este año. Está acusado de empleos ficticios para su esposa y sus hijos, colusión de intereses y corrupción. Ha rechazado las convocaciones oficiales del procurador y afirma que seguirá la campaña como candidato “hasta el fin”.

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(5) La Ley de Herodes estuvo adaptada con éxito al cine por Luis Estrada en 1999. En el México campesino de los años 50, el personaje principal, Juan Vargas, es un militante oscuro del PRI. De la noche a la mañana, en un contexto muy tenso de elecciones federales y nacionales, está nominado alcalde de un pueblito, San Pedro de la Saguaros, pobre y con una mayoría indígena. Los habitantes han matado con machetes su precedente alcalde, culpable de corrupción y malversaciones. La película cuenta con mucho humor negro el aprendizaje del poder y de sus beneficios, la hipocresía de los dirigentes y de las instituciones, ya sean políticas, administrativas o religiosas.

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(6) Algunos especialistas, unidos en el movimiento Tribunal Penal Internacional contra Felipe Calderón, hablan de crimen de guerra.

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(7) Aquí un resumen disponible en francés y en español. La desaparición de los 43 sigue indignando profundamente el país, porque todo falta: los cuerpos de las víctimas, la acción judicial, las conmemoraciones oficiales …

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(8) De su verdadero nombre Philippe Poutou, pero aquí literalmente traducido (el poutou en francés es una palabra familiar para calificar un besito dado con cariño). Es un obrero en la empresa Ford, cerca de Bordeaux (y de hecho, está amenazada de cierre), con pocos estudios, poca cultura o carisma frente a los medios, pero con mucha sinceridad, honradez y experiencia de las luchas sociales y marchas. Nunca tuvo cualquiera función política, sino de ser el candidato del Nuevo Partido Anticapitalista. El New York Times hizo un artículo sobre él hace poco, después de su intervención extraordinaria frente a los candidatos de la derecha y la extrema derecha durante un debate político.

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(9) Jean-Luc Mélenchon (JLM) es un hombre político francés, diputado europeo, ex senador y Secretario a la Educación. Durante mucho tiempo militante del Partido Socialista, es actualmente el candidato de la izquierda radical, con el movimiento llamado Francia Insumisa, coalición de las fuerzas de izquierda y de algunos ecologistas (donde se encuentra el Partido Comunista Francés). Esta conocido por su talento de orador, su cultura, pero también sus iras y su agresividad contra los medios (pero tenemos que decir que los medios están bastante violentos con él). Jeremy Corbyn es un diputado del Labour Party en Reino Unido. Ha encarnado durante años la minoría radical, humanista y muchas veces anticapitalista de su partido. Ahora es el representante oficial (aunque con mucha oposición de los jefes del Labor), y tiene un apoyo popular muy importante, ya sea de los militantes o de categorías de la población (jóvenes, clases obreras…).

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(10) Cf artículo 4. Pequeño recuerdo : Independencia para la guerra de independencia contra España (1810-1812) ; Reforma por la política reformista del presidente Benito Juárez (1858-1872) ; Revolución, por la época revolucionaria entre 1910 y 1920, cual condujo a la elaboración de la actual Constitución.

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(11) ACRIMED es una organización independiente de periodistas. Serge Halimi es un periodista francés y director del Mundo diplomático. Realizó en 1997 el documental Los Nuevos Perros Guardianes, cual denuncia el sistema de dependencia y de apoyo mutual entre los medios, los políticos y las grandes empresas. Sobre ese tema de los medios, el matrimonio de Peña Nieto, el guapito fresita con la superstar de televisa La Gaviota, heroína de la telenovela más popular de la historia mexicana (Destilando el amor) no está inocente. Permitió al joven candidato priista imponerse con pocos gastos a un público largo. Vice lo resume muy bien en la introducción de ese corto documental.

 

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2 thoughts on “Le phénomène AMLO / El fenómeno AMLO

  1. Buen resumen Yvooo!! Quizás uno de los mejores indicadores para calar la viablidad de la candidatura de AMLO para el 2018 es la elección de este año en mi estado (EdoMex), bastión priísta desde tiempos inmemoriales. Parece ser que por primera vez la candidata de MORENA, Delfina, tiene posibilidades de ganar el estado. Mira: http://www.animalpolitico.com/2017/03/edomex-delfina-pri-empate-encuesta/

    Y para más sobre AMLO hacia el 2018: http://aristeguinoticias.com/2002/mexico/mesa-politica-con-aguayo-dresser-y-meyer-sobre-amlo-y-el-2018-video/

    Liked by 1 person

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